La photo parle d'elle-même. La régate autour des bouées en Figaro et par vent soutenu, c'est tendu, physique, et ça ne laisse pas place à l'erreur ou à la déconvenue. Il n'y a pas eu d'erreur majeure aujourd'hui pour Matthieu et Alexandre. Dès la première manche, ils sont dans le bon tempo: sauf exception, c'est Matthieu à la barre et Alexandre à la tactique et aux manoeuvres. Sur les courtes distances, l'anticipation et la rapidité d'exécution sont de rigueur, il est possible de perdre de nombreuses places en quelques dizaines de mètres. Fin du premier round, 17èmes, mission accomplie. On respire bien et on se concentre à nouveau.

Retour entre les cordes. On ne change pas ce qui a bien marché jusqu'alors. Toujours Matthieu à la barre, Alex sur le pont. Bon départ et bon premier bord de prés. A l'approche de la bouée, avant d'envoyer le spi, Entreprendre arrive babord, la plupart des autres sont au prés tribord. Juste la flotte à traverser (?!), chaud devant, mais aussi à droite, à gauche, derrière...

Enroulement de la bouée, entre 22 et 28 noeuds de vent, les voiles claquent, les spis s'envolent, et un concurrent en retard gêne la manoeuvre. Sanction immédiate. Au milieu de la cavalerie au passage de la bouée (quand on aime, on ne compte pas, disons plutôt que le temps n'est pas à la comptabilité), nos skippers perdent de précieuses places dans l'affaire. Ainsi va la régate autour des bouées. Mais l'essentiel n'est pas là. Aujourd'hui, Entreprendre était plus en verve, le duo trouve les tempi, la rade de Brest si compliquée est derrière. Demain matin, sabre au clair, longue charge et vent soutenu, à l'assaut de la Vendée. Emotions garanties.

Guy Mercadier